Légume d’hiver emblématique de l’Auvergne-Rhône-Alpes, longtemps qualifié d’oublié et trop souvent délaissé, le cardon est pourtant l’une des signatures du Flocons de Sel. Avec ses épines récalcitrantes, il demande d’être apprivoisé : derrière ses côtes rugueuses se cache un cœur tendre et une véritable pépite gustative.
Au Flocons de Sel, le cardon est une déclaration d’amour. Entre les mains d’Emmanuel Renaut, ce légume régional, encore très présent de Nice à Genève sur les terres de l’ancien Duché de Savoie, devient un lien vivant entre nature, mémoire et gastronomie.
On le dit rustique, parfois oublié, mais son goût mérite d’être redécouvert. Le cardon évoque l’artichaut — sans doute un cousin lointain — avec une légère amertume et des notes herbacées. Ses côtes blanches, épaisses, fibreuses et épineuses, coiffées d’un feuillage vert argenté non comestible, lui donnent une allure farouche. Sa variété la plus emblématique, le « cardon épineux de Plainpalais », est la préférée d’Emmanuel Renaut. Typique de la région genevoise, elle bénéficie d’une AOC depuis 2003. Semé au printemps, le cardon atteint sa maturité à l’orée de l’hiver. Sa préparation, exigeante, impose de désépiner chaque côte, d’en retirer les fils et la fine pellicule intérieure : un travail minutieux, récompensé par une texture unique et une profondeur aromatique remarquable.

Au Flocons de Sel, cette pépite hivernale est d’abord pochée doucement au foin pour révéler sa douceur végétale. Elle peut ensuite être rôtie pour gagner en gourmandise, se glisser dans un risotto pour apporter de l’onctuosité, ou se faire gratiner dans une version à la fois réconfortante et raffinée. Ici, le cardon ne se contente pas d’accompagner : il porte le plat, en devient la colonne vertébrale, l’élément autour duquel l’assiette s’équilibre.
Mais au-delà du produit, le cardon épineux de Plainpalais raconte une histoire profondément humaine, qui se tisse depuis plus de vingt-cinq ans. Celle de la rencontre entre Emmanuel Renaut et Bruno Burnet, maraîcher de père en fils à Arthaz-Pont-Notre-Dame, en Haute-Savoie, tout près de la frontière suisse. Avant les premières gelées, Bruno couvre soigneusement ses pieds de cardon pour les protéger du froid et garantir la blancheur et la tendreté des côtes. Un travail patient, qui dit tout de sa passion pour le goût juste.
À l’image de la cuisine du Flocons de Sel, le cardon incarne une gastronomie de territoire : sincère, précise, vivante. Une cuisine qui célèbre la nature non comme un décor, mais comme une source d’inspiration.




